Intervention de Richard M. Stallman à l'Université de Concordia à Montréal sur les Logiciels Libres et Libertés

Posted on Wed 29 October 2014 in Free software by gsanderson

English version available towards the end of the article

2 personnes du projet XiVO (téléphonie libre) témoignent :

Partage de Valérie Dagrain

Cette conférence de R. M. Stallman intitulée "Logiciel Libre et vos libertés" s'est déroulée à l'Université de Concordia. R. M. Stallman qui s'est vu remettre un titre honorifique de la part d'un responsable de l'Université, pour féliciter ses actions et ses engagements. Plus de 100 étudiants anglophones des universités sur Montréal telles que Concordia et McGill étaient présents ainsi que des enseignants en informatique et entrepreneurs du Libre.

  • Ayant suivi plusieurs interventions de R. M. Stallman, je découvre que ses interventions débutent désormais par un refus d’apparaître sur les réseaux sociaux fermés tels que Facebook et citait plutôt les licences Creative Commons.
  • Un temps est consacré à présenter le Logiciel Libre et les 4 libertés, Unix et le système GNU/Linux puis la Free Software Foundation.
  • R. M. Stallman soutient la nécessité d'utiliser des logiciels libres comme seule alternative aux logiciels propriétaires qu'il dénonce être des logiciels malveillants (malware). Les utilisateurs doivent contrôler leurs systèmes et aller de plus en plus vers des composants Libres. Le Libre était alors présenté comme la seule solution technique et éthique pour lutter contre les failles de sécurité qu'apportent les logiciels de Micosoft, Apple, Google Play, Amazon... et contrôler son système.

R. M. S avançait dans ses précédentes présentations que les logiciels propriétaires étaient devenus privateurs. Désormais il met en garde de leur rôle de "malware", de "spyware" et de menottes numériques (DRM) qui verrouillent des accès et nous entraînent dans une société orwellienne sous contrôle. Du côté des firmes propriétaires, des accès récurrents s'opèrent sur certains de nos appareils (ordinateur, téléphone...) sans accord de l'utilisateur et des actions peuvent être faites sur nos systèmes. Les risques de censure sont possibles tout comme des mauvais usages du fait de notre géolocalisation (GPS).

Face à cela R. M. S. encourage le partage et met en garde contre le discours de propagande visant à associer une personne qui partage avec les pirates. Suite à la révélation par E. Snowden en 2013, sur les programmes américains de surveillance de masse, R. M. Stallman invite à applaudir le courage de cet ancien employé qui était mandaté par la NSA. Un ban d'honneur a ainsi été fait en son nom !"Nous devons contrôler nos systèmes pour les améliorer. Il faut enseigner le "reverse engineering" dans les écoles !" En conclusion R. M. Stallman appuie l'usage des logiciels libres, notamment en milieu scolaire. Fabian Rodriguez, président de FACIL (Association pour l'appropriation collective de l'Informatique Libre) et promoteur du Libre auprès d'une commission scolaire à Montréal, a su partager sa motivation et son engagement dans ce sens durant les échanges.

La video sera accessible depuis le site de Concordia et d'autres sites partageant les ressources Libres.

Sources :

Partage de Gregory Eric Sanderson

J'ai rencontré R. M. S. pour la première fois en 2010 lors du "Salon du Logiciel Libre du Québec". 4 ans plus tard, malgré le changement du discours, le message principal reste le même.

Pendant la première partie du discours, je me suis rappelé que les concepts soutenant le Logiciel Libre sont tout d'abord fondés sur des questions morales et éthiques. Les 4 libertés (la liberté d'utiliser, étudier, modifier et redistribuer) permettent d'assurer nos droits humains fondamentaux dans notre utilisation de logiciels.

R. M. S. mettait souvent l'emphase sur la différence entre le contrôle exercé par un utilisateur sur un logiciel vs. le contrôle du logiciel sur un utilisateur. Prenons la liseuse électronique de Amazon, le Kindle, en exemple. Puisqu'un utilisateur n'a pas de contrôle sur le logiciel utilisé sur un Kindle, Amazon a pu supprimer toutes les copies du livre 1984. Ironique, n'est-ce pas ? Un deuxième exemple : Les architectures SaaS ("Software as a Service". Autrement dit, du logiciel comme service. R. M. S s'est amusé en substituant l'acronyme pour "Service as a Software Substitute", ou encore "Le service comme un substitut au logiciel") Du SaaS ne peut être catégorisé comme un logiciel libre car il n'existe pas de moyen de vérifier ce que le service fait avec les données qu'on lui envoie. En d'autres mots, le service est capable d'exercer un contrôle sur l'utilisateur.

La différence entre les logiciels libres et "Open Source" était aussi un autre sujet chaud. R. M. S. n'a pas hésité à critiquer les militants de l'Open Source comme des gens sans considérations éthiques. Des gens qui préfèrent des solutions pragmatiques et faciles. Par exemple, dans le noyau Linux nous retrouvons des blocs de "firmware". Ces blocs ne contiennent pas de code source et sont distribués avec le noyau, ce qui implique qu'ils peuvent intervenir à l'encontre des libertés de l'utilisateur, parfois même sans qu'il le sache.

En conclusion, cette conférence m'a rappelé que même si les programmeurs comme moi ont la chance de créer plein de logiciels grâce au logiciel libre, les implications morales et éthiques restent encore pertinentes aujourd'hui.

Gregory Eric Sanderson's Point of View

I saw R.M.S for the first time in 2010 for the "Salon du Logiciel Libre du Québec". 4 years later, although the words have changed, but the core message has stayed the same.

During the first part, I was reminded that the concepts behind Free Software are foremost about moral and ethical considerations. The four liberties (i.e. the liberty to use, study, modify and redistribute) help in establishing human rights when using software, no matter where.

R.M.S often emphasised the difference between a user's control over a program vs. the control of a program over its user. Let's take Amazon's e-reader, the Kindle, as an example: Since a user does not have control over the software on the Kindle, Amazon was able to delete everyone's copy of 1984, therefore exerting control on what the user was allowed to read. Ironic, isn't it? Another example given was Software as a Service. (or, as R.M.S put it, Service as a Software Substitute) SaaS cannot be considered Free Software because there is no feasible way of ascertaining what the service is doing with the data that we send. Therefore, it can exert control over the user.

Another hot topic was the difference between Free Software and Open Source. R.M.S did not hestitate to criticize Open Source advocates as people who did not care about the ethical implications, who preferred pragmatic and easy solutions to problems. An example of this were the firmware blobs in the Linux Kernel. Since these blobs do not contain any source code and are distributed alongside the kernel, they jeopardize a user's freedoms, often without the user even knowing about it.

Over all, this conference was a reminder that even though programmers like myself get to create all sorts of programs thanks to Free Software, the moral and ethical considerations behind the movement still remain relevant today.

Photos

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